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Sofiane El Ouardi

Résumé du projet de thèse
Peu après la fin du régime de Bretton Wood (1971) et suite à l'adoption de régimes de change de plus en plus flexibles, une multitude de pays, principalement émergents, ont été confrontés à différents types de crises financières (crises de change, crises de la dette ou encore crises bancaires). Si le schéma des crises de change semble relativement similaire pour l'ensemble des pays impactés - dépréciation brutale de la monnaie locale, épuisement des réserves de change, abandon de l'ancrage, perte de confiance des investisseurs puis retrait massif de capitaux -, les facteurs (structurels ou conjoncturels) à l’origine des crises de change et les interactions entre les différentes crises financières soulèvent encore des questions.
Les travaux de Reinhart et Rogoff (2011) relatifs aux crises financières tendent à montrer que les crises bancaires sont, en générale, précédées d'un endettement rapide et massif du secteur privé et que ces crises d'origine privée concourent à augmenter fortement le risque de défaut souverain. Par ailleurs, il est empiriquement observé que différents types de crises financières sont susceptibles de se chevaucher : par exemple, les crises bancaires sont souvent associées à des épisodes de sudden stop ou encore à des crises de change (correspondant au phénomène de crises jumelles). Les différents types de crises financières ne se produisent ainsi pas de façon indépendante. Les modèles économétriques de détermination des crises de change (communément appelés Early Warning Systems (EWS)) sont cependant spécifiés généralement sur la base de modèles univariés de type Logit. Ces spécifications ne prennent ainsi pas en compte d'éventuelles interactions avec les autres types de crises financières.
Dans une dimension plus politique, la dernière décennie a mis la stabilité financière au cœur des objectifs des banques centrales, avec pour effet la création ou le développement d’un cadre réglementaire macro-prudentiel. Un certain nombre de pays émergents impactés par des crises financières durant les années 90 n’ont d’ailleurs pas attendu la crise financière mondiale de 2007-2008 pour développer ce type de cadre réglementaire (IMF-FSB-BIS, 2016). Ainsi, les politiques de change (et plus globalement les politiques monétaires) menées par les banques centrales ne peuvent pas être considérées indépendamment de ce qui est désormais mis en œuvre par ces mêmes banques centrales dans le domaine macro-prudentiel.
L'objectif de cette thèse sera tout d'abord de revenir sur la littérature existante analysant le lien entre régime de change et risque de crise de change. Une attention particulière sera portée à la classification des régimes de change ainsi qu’à l’identification et la définition des crises de change. Dans un second temps, des potentielles interactions entre les crises de change et les autres crises financières seront intégrées dans l’analyse. Enfin, des questionnements de politique économique seront abordés afin d’évaluer les combinaisons régime de change / politique macro-prudentielle assurant la plus grande résilience des économies face au risque de crise de change.

Résumé du projet de thèse en anglais
Shortly after the end of the Bretton Wood regime (1971) and following the adoption of increasingly flexible exchange rate regimes, a multitude of countries, mainly emerging, were confronted with different types of financial crises (currency crises, debt crises or banking crises). If the pattern of currency crises seems relatively similar for all the countries impacted - brutal depreciation of the local currency, depletion of foreign exchange reserves, abandonment of anchoring, loss of investor confidence and massive withdrawal of capital - the factors (structural or cyclical) at the origin of the exchange rate crises and the interactions between the different financial crises still raise questions.
Reinhart and Rogoff's (2011) work on financial crises tends to show that banking crises are usually preceded by rapid and massive private sector indebtedness and that those crises contribute to sharply increasing the risk of sovereign default. Moreover, it is empirically observed that different types of financial crises are likely to overlap: for example, banking crises are often associated with episodes of sudden stop or even currency crises (corresponding to the phenomenon of twin crises). The different types of financial crises do not occur independently. Econometric models for determining currency crises (commonly known as Early Warning Systems (EWS)), however, are generally specified on the basis of univariate Logit models. These specifications do not take into account possible interactions with other types of financial crises.
In a more political dimension, the last decade has put financial stability at the heart of central bank objectives, resulting in the creation or development of a macro-prudential regulatory framework.
The aim of this thesis will be to focus on the existing literature analyzing the link between exchange rate regime and exchange rate risk. Particular attention will be paid to the classification of exchange rate regimes and the identification and definition of currency crises. In a second step, potential interactions between currency crises and other financial crises will be integrated into the analysis. Finally, economic policy questions will be addressed in order to evaluate the combinations of exchange rate regime and macro-prudential policy ensuring the greater resilience of the economies to the risk of currency crisis.

Directeur de thèse
Vincent Bouvatier

Date d'inscription en thèse
1er octobre 2018

Financement
du 1 octobre 2018 au 30 septembre 2021 en contrat doctoral
Type de contrat : Contrat doctoral
Origine des fonds : Ecole doctorale Paris-Est OMI